Rachid Sebti

Il est surtout l'artiste qui dépeint les femmes dans une atmosphère chaleureuse, leur confère un endroit où elles peuvent être épanouïes, bien avec leur corps et où se dénuder ne pose pas le moindre problème. Sebti illustre aussi souvent la complicité des femmes, maîtresses de l'espace privé, qu'il jalouse peut-être secrètement. Il essaye, par ses tableaux, de pénétrer cet univers qui l'intrigue toujours; une oeuvre comme "Chuchotements" est significative à cet égard. Il tente aussi de contrer une image sans doute trop stéréotypée véhiculée par l'Occident à l'égard du Maroc en nous montrant l'intelligence des femmes capables de trouver des espaces d'épanouissement comme dans des scènes de danse ou des moments passés au hammam.

 

 

[...] Malgré ces arguments, il faut reconnaître que, la plupart du temps, ses oeuvres renvoient à un contexte tiré de son pays d'origine. Il suffit d'observer la lumière présente dans ses tableaux qui ne peut en aucun cas avoir été perçue en Belgique! Les ferronneries, les mosaïques... sont directement empruntées au Maroc mais n'est-il pas naturel, quand on a été bercé par toutes ses formes et couleurs, de s'en inspirer dans son travail ? D'après Sebti, il s'agit d'un phénomène inévitable: dans son oeuvre, si l'aspect technique et la recherche d'un style propre ont été acquis en Belgique, tout le reste vient du Maroc. C'est un puits sans fond où Sebti ne cesse de s'alimenter.

C'est d'ailleurs parallèlement à l'évolution de la femme au Maroc que les femmes de ses tableaux se sont dévoilées. Il est également conscient que, selon les époques, les cultures et les endroits, les mentalités évoluent différemment et qu'il faut laisser le temps au Maroc de réaliser son cheminement. Là réside également toute la richesse de Sebti qui a pu évoluer, tout au long de sa vie, entre deux cultures. Ceci lui permet d'apporter un regard novateur sur certains sujets tel celui de l'émancipation de la femme, tant celle de son enfance que celle qu'il côtoie aujourd'hui.